Le thème choisi a attiré plus de 25 personnes, dont une petite moitié d’hommes. Nous remercions une fois encore Armand pour son accueil au Rallye, pour la première fois non-fumeur et pour le plus grand confort des participants.
J’ai initié le débat par le rappel de dates, et de chiffres. Dates de l’histoire de l’avènement très récent des femmes à la citoyenneté légale, si récent que nous n’en sommes qu’au début de la troisième génération de françaises nées avec le droit de vote, et qu’il y a très peu d’années que le chef de famille, l’homme, n’a plus la direction de sa femme en matière fiscale et éducative. Chiffres des violences faites aux femmes, qui restent effroyables dans notre pays: 1,5 million de femmes (connues) victimes de violences conjugales, une femme tuée par son compagnon tous les 2 ,5 jours. Ce qui éclaire les difficultés que rencontrent les femmes pour prendre des responsabilités, et la société pour les y encourager.
Les témoignages ont brossé la fresque tournoyante des blocages personnels, familiaux, éducatifs, conjugaux, sociaux, professionnels et politiques. Le partage des tâches familiales et de la charge des enfants et des vieux parents reste très inégalitaire. Les salaires dans le privé sont toujours de 25% plus bas à qualification égale. La femme, coincée dans un rôle raisonnable de gardeuse de paix, revendique moins et obtient moins que l’homme.
Une évolution se dessine : de plus en plus nombreuses à la tête de familles monoparentales appauvries par la séparation, ou « tombées » dans la précarité de la rue, ou vivant chichement de temps partiels subis, les femmes cependant cherchent à s’en sortir par leurs propres moyens.
Que faire pour faire avancer la cause des femmes dans le domaine de l’action municipale ? Les propositions ont fusé, qui sont à retenir : monter une structure d’accueil d’urgence des femmes et des enfants victimes de violences conjugales ou familiales ou de décohabitation brutale, qui actuellement manque cruellement, permettre aux mamans en recherche d’emploi de recourir plus souplement au service public de garde de la petite enfance, et pas seulement à celles qui travaillent, et monter les structures qui manquent surtout dans les villages, soutenir plus efficacement les familles en charge de personnes âgées dépendantes, pour permettre aux filles et belles-filles qui s’en occupent quasi-systématiquement à la place des fils, d’être informées, soulagées, conseillées, avoir une action pédagogique forte sur les droits des femmes et le respect du genre opposé en direction de la jeunesse de tous les âges et de tous les quartiers et villages, aider les femmes à se lancer dans la création d’entreprise.